2. Formation et œuvres de jeunesse
C'est à Paris, dans l'atelier de son père qui était charpentier, que Mansart fit son premier apprentissage, et ensuite auprès de son beau-frère le sculpteur Germain Gaultier ; son dernier maître fut un de ses oncles, Marcel Le Roy, qui était maître maçon et entrepreneur. Pour autant qu'on le sache, il ne voyagea jamais hors de France et il ne reçut aucune éducation formelle. Sa première commande dont il reste trace fut pour la façade de l'église des Feuillants, rue Saint-Honoré à Paris (1623), mais rien ne permet encore d'expliquer avec certitude comment il lui arriva d'être choisi pour ce travail important qui fut réalisé sous patronage royal.
Durant les années 1620 et le début des années 1630, Mansart réalisa un certain nombre de commandes d'importance médiocre, transformant quelques châteaux déjà existants (Berny, Coulommiers et Plessis-Belleville) et en construisant un (Balleroy, en Normandie) ; à Paris, il fit des travaux dans un hôtel particulier (l'hôtel de l'Aubépine) et dessina deux retables (pour Saint-Martin-des-Champs et Notre-Dame) ainsi qu'une petite église (celle de la Visitation, rue Saint-Antoine). Il ne reste de ces édifices que le château de Balleroy et l'église de la Visitation, mais ils révèlent la maîtrise des formes que possédait Mansart dès le début de sa carrière ; certains documents montrent que ses autres ouvrages n'étaient pas moins hardis et originaux. Dans tous les domaines, Mansart prouva sa capacité de repenser le type de monument qui se faisait à son époque et d'apporter des solutions neuves, sinon radicalement différentes. Il rejeta également une grande partie de la décoration affectée et trop recherchée que voulait la tradition, en faveur d'un style plus pur et plus classique.
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