Au début des années 1890, le Français François Hennebique fonda la première grande firme internationale de béton armé, qui réussit à imposer le nouveau matériau sur le marché de la construction et des ouvrages d'art. Soignant particulièrement la renommée de son entreprise et la diffusion de son procédé technique, il attacha son nom à l'émergence d'un nouvel art de bâtir, au point d'éclipser parfois ses devanciers et ses concurrents.
Né à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) en 1842, François Hennebique est mort à Paris en 1921. Chef de chantier autodidacte, il s'installe à Bruxelles vers 1880, où il propose une solution mixte de construction alliant des pièces de fer autonomes et du béton. Ses idées évoluent alors vers la réalisation de structures continues en utilisant exclusivement le béton armé. Il développe en particulier un plancher incombustible. Son système procède par éléments aux fonctions bien identifiées : piles porteuses, poutres en T, dalles, etc. Tous en béton armés, ils appartiennent cependant à la même structure qui doit tendre à un ensemble monolithe, afin d'en assurer la cohérence et une meilleure résistance aux efforts. L'étrier de fer, une pièce maîtresse de liaison entre les éléments de la construction, devient l'une des clefs du procédé Hennebique, objet de brevet et bientôt symbole de la firme.
Au début des années 1890, l'ensemble forme un système global de construction en béton armé adaptable à de multiples situations : bâtiments industriels, ouvrages d'art, immeubles, villas, citernes, et même un palais de style hindou à Héliopolis en Égypte ! Outre la possibilité de répondre à des nécessités pratiques et architecturales très diverses, l'intérêt de la méthode Hennebique réside dans une mise en œuvre relativement facile, ne nécessitant pas de qualification particulière pour les ouvriers des chantiers. Enfin, les délais de construction sont relativement brefs et les coûts bien maîtrisés.
En 1892-1893, Hennebique dépose ses brevets en France et in […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



