3. Un artiste imité en Europe
L'œuvre de Du Quesnoy, constitué surtout de sculptures de petites dimensions destinées aux amateurs, de quelques cénotaphes en marbre et d'un certain nombre de portraits sculptés, est étonnement réduit au regard de la production des grands sculpteurs contemporains. On ne connaît de lui que deux statues monumentales. Cependant, il semble que chacune de ses sculptures ait joui d'un succès immédiat et durable. Ses figures d'enfants, en relief ou en ronde bosse, également appelés les « enfants François », furent très prisées par les collectionneurs, qui en commandèrent des copies « à la manière de », et abondamment reprises dans la peinture italienne, flamande et française aux xviie et xviiie siècles. La Sainte Suzanne a été, dès son achèvement, représentée par Andrea Sacchi dans son tableau de Saint Antoine de Padoue (1632-1633 ; Santa Maria della Concezione, Rome) et à deux reprises par Subleyras dans les années 1740 (Les Attributs des arts, ou les Cinq Sens, musée des Augustins, Toulouse ; Autoportrait dans l'atelier, Académie des beaux-arts, Vienne) ; on en connaît également des répliques en marbre, comme celle de Guillaume II Coustou (1739 ; château de Versailles), ou des réductions partielles en bronze, comme le buste que Du Quesnoy avait lui-même réalisé pour son ami le peintre Joachim von Sandrart. Ces multiples reproductions rendent difficile l'identification des sculptures originales de Du Quesnoy. Cependant, elles témoignent de l'importance d'un œuvre qui, par son style à l'équilibre savant entre aspirations classicisantes et expression de la vie, a exercé une fascination durable sur les artistes et sur les amateurs.
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