Né le 19 juillet 1924 à Porto, Francisco Manuel Lumbrales de Sá Carneiro appartenait par sa mère à la grande bourgeoisie traditionnelle de sa ville natale. Mais son père, avocat, était originaire de la paysannerie et avait été obligé de travailler durement pour terminer ses études supérieures. Comme tant d'autres politiciens portugais, Sá Carneiro associait des traditions familiales fort différentes. Élevé dans un cadre tout à fait académique, il fut, comme beaucoup de jeunes de sa génération, atteint par le changement intervenu dans la vie politique portugaise après les élections de 1958 pour la présidence de la République. Cela l'amena à participer à quelques opérations critiques au sein du régime dictatorial. Son entrée dans la vie politique officielle date de 1969 où, élu député à l'Assemblée nationale, il essaya, avec quelques amis, de secouer le langage officiel. Dans un communiqué publié immédiatement après son élection, Sá Carneiro affirmait sa totale indépendance à l'égard du gouvernement de Marcelo Caetano, soulignant en même temps qu'il se battait, surtout, pour la mise en pratique des « libertés publiques et des droits de l'homme » ainsi que pour « l'instauration de la démocratie au Portugal », document singulier, mais ne dépassant pas le stade des bonnes intentions. Il fut cependant suivi par l'organisation de l'aile dite libérale, qui se distingua surtout lors de la discussion de la révision de la Constitution de 1933. Le projet Sá Carneiro ébranla sérieusement les fondements de l'Assemblée nationale, de même que la proposition d'une enquête sur l'action de la police politique. Un projet de loi proposant l'abolition de la censure sur la presse couronnait ces trois années d'activité parlementaire. Sá Carneiro a été toutefois amené à démissionner devant l'impossibilité d'exercer son mandat de député dans des conditions normales. Soucieux de communiquer son expérience politique, il essaya de collaborer régulièrement à l'hebdomadaire libéral Expresso, mais il fut […]
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