De tous les peintres espagnols du xviie siècle, Zurbarán est sans aucun doute, après Velázquez, le plus mondialement connu. Plus en accord avec la sensibilité de notre époque que Murillo ou que Ribera, il leur a usurpé la renommée dont ils jouissaient auparavant. Zurbarán, qui pour le romantisme représentait l'ascétisme monastique espagnol, jouit au xxe siècle d'une vogue à laquelle le cubisme n'a pas été étranger, en faisant découvrir chez le peintre d'Estrémadure des qualités plastiques d'une exécution rigoureuse et élaborée, analogues à celles de la peinture de Piero della Francesca, de Georges de La Tour ou de Cézanne. Avec son art exact, simple, un peu prosaïque et provincial, aux formes encore gothiques mêlées aux procédés du maniérisme tardif et du premier baroque, Zurbarán est un peintre chez qui l'exigence d'un univers construit comme une architecture s'unit à une certaine ingénuité voulue. Pour retrouver un phénomène analogue, il faudrait chercher chez certains sculpteurs espagnols de son époque, créateurs d'images réalistes en bois polychrome. Mais à leurs qualités de vérisme il faudrait ajouter ce caractère primitif de Zurbarán […]
Autres références
« ZURBARÁN FRANCISCO DE (1598-1664) » est également traité dans :
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ANDALOUSIE
Auteurs :
Michel DRAIN, Marcel DURLIAT, Philippe WOLFF
Dans le chapitre "L'âge d'or de la peinture andalouse" : …
d'artistes de tout premier ordre : Francisco Herrera le Vieux (1576 ?-1656), Velázquez (1599-1660), *Zurbarán (1598-1664), Alonso Cano (1601-1667). Le plus doué de tous, Velázquez, quitta cependant Séville, dès 1623, pour devenir le premier peintre du roi. Herrera représente la violence et l'audace. Alonso Cano, plus traditionnel dans son œuvre de…
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BAROQUE
Auteurs :
Claude-Gilbert DUBOIS, Pierre-Paul LACAS, Victor-Lucien TAPIÉ
Dans le chapitre "Espagne" : …
au-dehors et la singularité de ses grands artistes. Ni le Greco à Tolède ( 1614), ni à Séville *Zurbarán (1598-1664) ne peuvent être soumis à une catégorie définie : ils sont issus d'expériences espagnoles, et inconcevables en dehors d'elles, même si leur style retient pour le premier l'influence des Vénitiens et pour le second les effets du…
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ESPAGNE (Arts et culture) - L'art espagnol
Auteur :
Marcel DURLIAT
Dans le chapitre "Le baroque espagnol" : …
encore soumis à l'organisation médiévale des métiers, mais aussi des artistes renommés. *Zurbarán met son réalisme rustique au service des grands cycles iconographiques monastiques. Les meilleures œuvres de Murillo sont également des tableaux d'église. Sa sensibilité s'accorde à la spiritualité expansive et sentimentale de l'Espagne urbaine, dont…
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GUINARD PAUL (1895-1976)
Auteur :
Marcel DURLIAT
, peintres de l'Espagne romantique (Presses universitaires de France, Paris, 1967). *Paul Guinard s'est expliqué sur le choix de Zurbarán qui occupa son esprit à partir des années 1940. Il lui était apparu « comme l'incarnation d'une certaine sérénité contemplative, d'une réserve virile dans l'expression des émotions les plus…
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MANET-VELÁZQUEZ. LA MANIÈRE ESPAGNOLE AU XIXe siècle (exposition)
Auteur :
Robert DUPIN
des couvents avant la Révolution, tel le Démocrite de Velázquez de Rouen ou le saisissant* Saint François mort de Zurbarán de Lyon, ce sont les conquêtes napoléoniennes et les exodes d'œuvres d'art consécutifs, ainsi que les soubresauts politiques dont l'Espagne fut victime au xixe siècle qui favorisèrent la…
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Bibliographie
J. Baticle, Zurbarán, catal. expos., R.M.N., Paris, 1988
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J. Brown, Zurbarán, New York, 1973
Images and Ideas in Seventeenth-Century Spanish Painting, Princeton, 1978 (trad. espagnole, 1981)
M. L. Caturla, Fin y muerte de Zurbarán, Madrid, 1964
J. Gállego & J. Gudio, Zurbarán, Cercle d'art, Paris, 1987
J. A. Gaya Nuño, Zurbarán, Madrid, 1949
« Bibliografía crítica y antológica de Zurbarán », in Arte español, t. XXV, Madrid, 1963-1966
P. Guinard, Zurbarán et les peintres espagnols de la vie monastique, Paris, 1960
H. Keherer, Francisco Zurbarán, Munich, 1918
M. S. Soria, Zurbarán, 2e éd., Londres, 1955.
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