4. Une terre d'industrie
Le profil économique de la Franche-Comté apparaît, à bien des égards, paradoxal. Malgré des allures campagnardes, elle est l'une des régions les plus industrialisées de France en proportion de l'emploi. Malgré une topographie et un climat contraignants, elle dispose de productions agricoles d'une grande notoriété. En dépit d'atouts naturels et patrimoniaux remarquables, elle n'a qu'une activité touristique d'estime et demeure une région où l'on passe mais s'arrête peu. Enfin, les activités du tertiaire, en particulier dans les services aux entreprises, restent peu développées malgré l'ancienneté de son histoire industrielle.
L'industrie, en effet, remonte à une époque où le sel, les eaux vives et les forêts ont fait naître un peu partout une proto-industrie active, pendant que de multiples productions artisanales permettaient d'occuper les longs hivers du haut pays. Les initiateurs allogènes furent nombreux également : horlogers suisses, industriels alsaciens du textile et des constructions mécaniques, plus tard entrepreneurs de la plasturgie de la région d'Oyonnax. Mais la Franche-Comté fut aussi une terre de capitaines d'industrie, avec le rôle décisif des dynasties Japy et Peugeot dans le nord de la région, dès le xixe siècle. Aujourd'hui, l'industrie occupe près de 26 p. 100 de la population active, mais elle a dû faire face, depuis les années 1980, à la remise en cause du modèle fordiste, à l'internationalisation de l'économie et au défi des nouvelles technologies. Malgré la perte continue d’emplois depuis 1975, l'industrie comtoise offre aujourd'hui un visage rénové, mais conserve encore une certaine fragilité.
Le nord de la région est marqué par la présence de grandes entreprises aujourd'hui fortement restructurées. Le centre de production Peugeot de Sochaux, qui était en 1979 le plus grand établissement industriel européen, compte aujourd'hui 12 000 salariés, mais est devenu l'un des sites de production automobile les plus modernes d'Europe. Entouré de tout un ré […]
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