3. Une population qui se rapproche des villes... et s'en éloigne !
Depuis la Seconde Guerre mondiale, la population comtoise a connu d'abord une croissance très forte puis, à partir de 1975, un essoufflement, dû à une forte diminution du solde naturel et à un renversement du solde migratoire, en particulier dans les bassins industriels du nord de la région. Depuis 1999, la population progresse de 0,46 p. 100 par an, mais cette croissance reste inférieure à la moyenne en métropole (+ 0,68 p. 100 par an). La hausse est presque exclusivement due au solde naturel, même si le solde migratoire est légèrement positif (+ 0,08 p. 100 par an) après trois décennies de déficit. La croissance régionale repose sur les nombreuses petites communes (moins de 500 habitants).
Ces chiffres masquent cependant une dissociation grandissante entre des pôles ou corridors de croissance et des espaces de dépeuplement. Depuis la seconde moitié du xxe siècle, des processus de déprise touchent non seulement des espaces périphériques comme le nord-ouest de la Haute-Saône, les Vosges comtoises, la Bresse ou la petite montagne (sud de Lons-le-Saunier), mais aussi certains angles morts situés au cœur des plateaux du Doubs et du Jura. En revanche, plusieurs foyers ou axes de peuplement se sont durablement affirmés. Un premier ensemble s'organise autour de Besançon, la capitale comtoise. Il émet des digitations en direction de Dole, de Lons-le-Saunier et de Pontarlier. Un autre foyer de peuplement occupe le nord de la région depuis le sud du pays de Montbéliard jusqu'à Lure. À cela s'ajoute l'amorce d'un chapelet frontalier, de Maîche à Saint-Claude. Enfin, quelques pôles isolés se confirment autour de Vesoul, Gray et Champagnole. Mais globalement, c'est le couloir du Doubs, de Montbéliard à Besançon puis à Dole, qui est l'axe structurant de la région.
Cependant, depuis quelques années, les différenciations spatiales se fragmentent en une multitude de micro-espaces aux comportements parfois divergents : des repri […]
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