La carrière de Nitti se partage en deux périodes, coupées par la longue parenthèse du fascisme. Elle illustre, dans les idées et l'action de l'homme politique, les limites de la génération du post-Risorgimento libéral, qui se révélera impuissante à arrêter l'ascension de la dictature en Italie. Nitti a mené de front une activité de journaliste, de professeur et de député. Caractère aimable, dépourvu de fermeté, il mêle à une ironie mordante contre ses adversaires le goût des formules rapides et de la rhétorique. Nitti, de tradition libérale modérée et laïque, est le produit typique de la petite bourgeoisie méridionale, qui se défie à la fois des conservateurs et des socialistes. Mais il ne réussit pas à imposer son radicalisme comme force politique et il est contraint de s'associer à Giolitti, qui en fait son ministre de l'Agriculture (mars 1911-mars 1914). Il se signale en faisant voter la loi sur la nationalisation des assurances sur la vie. Opposé aux nationalistes, à la guerre de Libye et à l'intervention dans le premier conflit mondial, il devient président du Conseil, dans un gouvernement de centre-gauche qui durera du 23 juin 1919 au 9 juin 1920. Confronté aux difficultés […]
