Le cinéaste italien Francesco Rosi est né à Naples ; après des études de jurisprudence, il s'installe en 1946 à Rome, où il s'adonne au dessin et à la caricature. Après quelques mises en scène théâtrales, il devient assistant metteur en scène de Visconti pour La terre tremble (La terra trema, 1948) et, plus tard, pour Bellissima et pour Senso. Jusqu'en 1955, il sera l'assistant de divers cinéastes : Antonioni pour Les Vaincus (I Vinti), Giannini pour Carosello napoletano, Emner, Monicelli. Sa collaboration au chef-d'œuvre de Zampa, Les Coupables (Processo alla citta, 1951), est particulièrement importante : il en est l'auteur et le scénariste. Il passe à la régie en 1957, année particulièrement difficile pour le cinéma italien, avec Le Défi, film qui est une enquête sur le racket des produits maraîchers à Naples. Malgré quelques défauts, entre autres l'histoire d'amour imposée par le producteur, le film avait des accents de vérité saisissante dans l'évocation du climat et révélait un tempérament de narrateur inné, robuste, rigoureux, connaissant parfaitement le montage. On décelait, dans le style, le double apport du cinéma américain (Kazan, Dassin) et du néo-réalisme italien. Le second film, I Magliari (1959), étudiait le racket entre les marchands ambulants du Sud émigrés en Allemagne. Le projet suivant, plus ambitieux, s'intitula provisoirement Sicile 1945-1960. Cela voulait être un essai historique sur la mafia. Le film prit ensuite le nom du bandit Salvatore Giuliano. Après s'être rendu sur les lieux des événements, Rosi se rendit compte qu'il devait changer totalement la structure narrative prévue : « Le choix de l'atmosphère fut fondamental pour la rigueur du style. J'ai ressenti la nécessité de tirer au clair les raisons historiques, sociales et politiques du personnage. J'ai donc réduit l'importance de l'homme Giuliano pour mettre en relief tout le contexte historique et social. » En faisant un cinéma « documenté » et non pas « documentaire », Rosi se proposait d'interpréter […]
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