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LAURANA FRANCESCO (1430 env.-env. 1502)

Battista Sforza, F. Laurana

Originaire de Zara en Dalmatie et surnommé pour cette raison Dalmata ou Schiavone, Francesco Laurana était sans doute un sculpteur consommé lorsqu'il se vit confier, en 1458, une part importante de la décoration de l'Arc triomphal érigé par Alphonse d'Aragon à l'entrée du Castelnuovo de Naples. On a cru retrouver la trace de son activité antérieure dans les sculptures d'un autel de la cathédrale de Šibenik (Croatie), l'ancienne cité vénitienne, Sebenico. À la mort du roi Alphonse, Laurana fut appelé en France à la cour du roi René d'Anjou pour lequel il exécute des médailles (Le Bouffon TribouletLa Reine Jeanne de LavalLe Roi et la reine, etc.) et travailla en Provence. De 1468 à 1471 ( ?), il séjourne en Sicile où, aidé par de nombreux collaborateurs, il laisse un nombre d'œuvres assez important (porte latérale de Santa Margherita de Scaccia, chapelle Mastrantonio à San Francesco de Palerme, plusieurs Vierge à l'Enfant dans les cathédrales de Palerme et de Noto, à Sant' Agostino de Messine, Tombeau de Pietro Speciale à San Francesco de Palerme). De retour à Naples, en 1471 (Vierge de la chapelle Santa Barbara), il travaille ensuite à Urbin (1474-1477) puis en France où son atelier exécute l'Autel Saint-Lazare dans la cathédrale de la Major à Marseille (1477-1483), le Retable de la montée au Calvaire à Saint-Didier d'Avignon, le Tombeau de Giovanni Cossa à Sainte-Marthe de Tarascon et le Tombeau de Charles du Maine au Mans, et c'est probablement en Provence qu'il meurt peu après 1502. L'importance de Laurana tient surtout au fait qu'il a été le premier sculpteur italien de renom qui soit venu travailler en France. Il est cependant curieux de constater que son influence ne s'exerça guère sur les sculpteurs français contemporains qui n'adoptèrent ni son vocabulaire décoratif ni son style de drapé. En fait, la partie la plus séduisante, mais aussi la plus mystérieuse de l'œuvre de Laurana est constituée par ses effigies féminines : bustes d'Éléonore d'Aragon (Museo nazionale, Palerme, et musée du Louvre), de Béatrice d'Aragon (l'un, qui appartenait aux musées de Berlin, est détruit, l'autre se trouve à la National Gallery de Washington), de Battista Sforza (Bargello, Florence), masques de femme en marbre (Avignon, Aix-en-Provence, Le Puy, etc.) dont la destination reste incertaine ; il émane de ces visages un charme un peu mélancolique qui ne se retrouve guère dans les œuvres monumentales où Laurana faisait la part trop belle à ses collaborateurs.

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