Par une fidélité continuellement affirmée à son métier d'instituteur et par la correspondance exemplaire qui existe entre sa vie et son œuvre, Francesco Jovine occupe une place à part dans la littérature du milieu du siècle. Moins célèbre que son contemporain, l'Abruzzais Ignazio Silone, il a avec lui de grandes affinités : tous deux sont partis d'une expérience provinciale et ont donné une existence littéraire à des régions jusque-là mal connues.
Né à Guardialfiera, Jovine quitte à vingt-trois ans la Molise pour Rome où il résidera toute sa vie, à l'exception de trois années d'enseignement passées à Tunis puis au Caire. Résistant pendant la guerre, il collabore à différents journaux après la Libération et adhère en 1948 au Parti communiste italien. Il meurt à quarante-huit ans des suites d'une crise cardiaque.
Son parcours d'écrivain va se dérouler, sans véritable solution de continuité, des positions idéalistes crociennes à un engagement qui se traduira sur le plan littéraire par un effort accru dans la voie du réalisme. Chez lui, écrire répond à une exigence morale, raconter est indissociable d'une finalité éducative. Celle-ci n'est autre chose que la recherche d' […]
