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FRANCE Les élections législatives de 2007

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2.  Les nouveaux défis politiques

Avec une majorité incontestable au Parlement, l'U.M.P. dispose désormais de l'ensemble des leviers du pouvoir central et les réformes annoncées par le président de la République lors de la campagne électorale devraient ainsi passer sans encombre institutionnel. Cependant, une majorité moins écrasante à l'Assemblée nationale doit conduire celui-ci à une prudence plus grande dans leur élaboration et leur mise en application. Certes, l'abstention très marquée aux élections législatives conforte la primauté, en termes de légitimité, du président élu. Le score amélioré du P.S. donne toutefois à ce dernier une force plus grande pour faire entendre sa voix dans le débat public.

Il reste que, au lendemain des élections, la situation politique apparaît déséquilibrée. Le président de la République est sans rival à droite, ce qui n'était pas le cas de Jacques Chirac qui, en 1995, avait dû affronter la « dissidence » d'Édouard Balladur et, dès 2002, une certaine forme sinon de contestation, du moins de concurrence interne avec Nicolas Sarkozy. Encore auparavant, la droite avait montré l'importance de ses divisions entre le parti gaulliste et l'U.D.F. ; elle a désormais réussi à se doter d'un leader et d'un projet ambitieux, n'encourant guère d'autre risque que celui – certes, non négligeable – de décevoir. La gauche socialiste, elle, apparaît dans un état de division que ne reflète pas sa présence à l'Assemblée. Sans véritable projet, traversée de conceptions antagonistes de la réforme, sans dirigeant incontesté capable aujourd'hui de s'imposer de manière durable, le P.S. devra accomplir un aggiornamento depuis longtemps exigé. Quant au MoDem, il pâtit d'un décalage entre l'image d'un homme, François Bayrou, et la traduction de celle-ci en réalités électorales, pour des raisons à la fois de tradition et de doctrine. La stratégie d'autonomie du centre semble avoir ainsi montré ses limites, une voie moyenne entre la contribution à la formation d'un grand parti social-démocrate et le ralliement à la droite paraissant actuellement difficile. Tout paraît ainsi s'être passé comme si, dans l'évolution souhaitée par certains vers une forme de bipartisme, seule l'U.M.P. avait avancé. En faisant mentir la « règle », en vigueur depuis 1981, d'une alternance politique à chaque élection législative, les scrutins de 2007 n'en ont pas moins largement changé la donne politique en France.

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