2. Six premiers mois entre réforme et pragmatisme
Les six premiers mois du gouvernement ont révélé quelques vraies ruptures, de fortes continuités, mais aussi certaines prudences inspirées par un pragmatisme avéré. Les ruptures les plus nettes apparaissent dans la sphère de la politique étrangère. Le rapprochement marqué avec les États-Unis, la perspective probable d'une réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l'O.T.A.N., une attitude plus favorable à Israël, peut-être une moindre proximité avec la Russie, des liens personnels moins forts avec l'Afrique subsaharienne et un discours plus ferme envers l'Iran s'accompagnent toutefois de points communs avec la politique élyséenne antérieure : une attitude qualifiée de « réaliste » à l'égard de la Chine, un engagement européen appuyé, avec une initiative pour débloquer la question du traité simplifié appelé à remplacer le projet de traité constitutionnel rejeté par les Français, une attention marquée à l'Afrique du Nord – qui serait partie prenante au projet d'Union méditerranéenne, lancé de manière encore un peu floue. Cependant, le projet d'ensemble reste encore incomplet et le style propre du président a pu surprendre et susciter des critiques, en Afrique comme en Allemagne, ainsi d'ailleurs que le rapprochement avec la Libye dans la foulée de son intervention réussie pour la libération des infirmières bulgares détenues dans ce pays.
Sur le plan intérieur, le président a confirmé ses promesses de campagne en faveur d'une décroissance de la pression fiscale, en particulier sur les successions et les donations, mais ce choix peut aussi apparaître dans la continuité d'options qui avaient été celles de gouvernements précédents, concernant notamment l'impôt sur le revenu. Une polémique s'est ensuivie sur le coût et la justice de ces mesures, d'autant plus que les marges de manœuvre du gouvernement – même si le président récuse le terme de « faillite » employé par François Fillon et celui de « rigueur » uti […]
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