3. À gauche : choc de projet et conflit des ambitions
Les conflits internes au Parti socialiste ont précédé le référendum du 29 mai, puis accompagné la préparation du congrès du Mans des 18, 19 et 20 novembre 2005. Ils ont ainsi renforcé la visibilité des antagonismes en son sein non seulement sur l'Europe, mais également sur la plupart des sujets économiques et sociaux. Les divisions avaient notamment été étalées fin août lors de l'université d'été de La Rochelle. La discordance est manifeste entre les tenants d'une social-démocratie réconciliée avec le marché et la concurrence (comme Dominique Strauss-Kahn, Jean-Marie Bockel, mais aussi, avec des différences de degré, François Hollande, Martine Aubry et Jack Lang) et ceux pour lesquels la « rupture » reste un thème d'actualité (en particulier, Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et, de manière plus ambiguë, Laurent Fabius). Ce différend se traduit par des positions divergentes sur la taille et le rôle de la fonction publique et du service public, le niveau et les modalités de la redistribution, la fonction de l'État, le droit du travail, la protection sociale et, naturellement, la stratégie européenne. Plus largement, ce choix idéologique conditionne le souhait ou non de nouer des alliances avec les autres partenaires de la gauche, notamment le Parti communiste et les Verts. Certaines figures du P.S., tels Michel Rocard et Bernard Kouchner, sont allées jusqu’à s’ inquiéter du maintien dans un même parti de choix doctrinaux aussi dissemblables, le second nommé s'interrogeant sur l'opportunité d'une alliance avec le centre. À ces contradictions s'ajoute le choc des ambitions personnelles, le Parti socialiste comptant alors un nombre élevé de postulants potentiels à la candidature à l'élection présidentielle de 2007 (François Hollande et sa compagne Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Laurent Fabius, Jack Lang...). S'il a été démenti par l'intéressé, un retour de Lionel Jospin reste évoqué par certains milita […]
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