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FRANCE L'année politique 2000

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2.  Une droite de plus en plus divisée

L'avantage relatif en termes de popularité que conservent la gauche et le gouvernement tient pour une large part à la division accentuée de la droite. Malgré les appels à l'union lancés par certains ténors du R.P.R. (notamment Édouard Balladur et Alain Juppé), la droite apparaît peu apte à définir une doctrine capable de la rassembler. Pour autant, quoique mis en cause dans les « affaires », le président de la République conserve une forte popularité et de nombreuses analyses montrent que des élections législatives, effectuées en 2000, ne seraient pas nécessairement défavorables à la droite. Des raisons sociologiques peuvent expliquer ce paradoxe, ainsi que l'observation fréquente que la réussite d'un gouvernement n'a pas une traduction électorale mécanique. Mais l'un des facteurs déterminants est la poursuite du recul de l'extrême droite depuis sa division au début de 1999.

Le Front national et le Mouvement national républicain de Bruno Mégret ont ainsi vu leur potentiel électoral s'effondrer depuis les européennes de 1999, amenuisant leurs capacités de perturbation lors des consultations à venir, au profit de la droite nationaliste et conservatrice, de Chasse, pêche, nature et traditions et de la droite classique. Mais cette dernière peut également bénéficier des divisions qui sont apparues entre Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduisant ce dernier à quitter le R.P.F. et à redonner vie au Mouvement pour la France.

Pour autant, la droite classique souffre de ses propres divisions. Celles-ci sont apparues lors de la préparation des élections municipales de 2001 à Paris, mais aussi dans d'autres villes, notamment à Lyon. Deux listes ont surgi dans la capitale, l'une conduite par Philippe Séguin, qui a reçu l'investiture du R.P.R., l'autre par le maire sortant, Jean Tiberi, mis en cause dans des « affaires ». Le premier est cependant loin d'être approuvé par l'ensemble de son parti et des autres composantes de l'opposition, et sa présence initiale en quatrième position sur une liste dans le XVIIIe arrondissement de Paris a jeté un doute sur sa propre détermination. Le refus par les conseillers de Paris partisans de Philippe Séguin de voter le budget de la capitale pour 2001 n'a pas non plus été compris par l'opinion.

L'élection présidentielle de 2002 occupe davantage les esprits. Dès 2000, Alain Madelin, président de Démocratie libérale, et François Bayrou, président de l'U.D.F., ont annoncé leur candidature à la première, non sans critiques au sein de leurs partis respectifs, et Charles Pasqua, président du R.P.F., s'est également mis sur les rangs.

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