7. Demain, la monnaie unique
Constamment réaffirmé, dans son principe comme dans ses conséquences, l'objectif découle du traité de Maastricht de 1992, mais il a été confirmé par le président de la République à la fin de 1995. Par rapport à cet objectif essentiel, les autres sont secondaires. Cette hiérarchie implique bien un choix politique de fond, une construction volontariste. Elle n'en comporte pas moins nombre d'ambiguïtés. La moindre d'entre elles n'est pas que les clivages qu'elle suscite n'obéissent ni à une logique droite-gauche, ni même majorité-opposition. Elle divise les formations souterrainement, à l'intérieur d'elles-mêmes, comme au demeurant l'ont fait depuis un demi-siècle les choix européens.
L'objectif essentiel que constitue la réalisation de la monnaie unique justifie les contraintes imposées à la société française, d'autant plus durement ressenties que leurs contreparties paraissent incertaines et équivoques.
Les contraintes sont avant tout économiques et financières : réduction des déficits publics, limitation des dépenses, augmentation de la pression fiscale, maintien d'une monnaie forte. Dans ces conditions, les licenciements se multiplient, la croissance est réduite. En dépit des pansements sociaux – ou grâce à eux – le chômage apparaît pour cette politique non plus comme un problème mais comme une solution : il pèse sur le niveau des salaires, il garantit la paix sociale par la crainte du lendemain.
Cette politique ne fait l'objet que de critiques en demi-teinte, tant l'idée de sa nécessité est répandue. Cela est si vrai que l'annonce d'une baisse de l'impôt sur le revenu en 1997 n'est guère prise au sérieux. Au fond, le corps politique français a intériorisé l'idée de la monnaie unique, et il l'a fait en 1996. Ceux qui la contestent sont des marginaux, ou alors ils ne le font que de manière périphérique : avec Philippe Séguin ou Laurent Fabius, ils souhaiteraient que l'on parle plus fermement à l'Allemagne ; avec Valéry Giscard d'Estaing, ils vo […]
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