7. Les révolutions scientifiques
Les progrès techniques qui étaient au cœur de la révolution industrielle contribuèrent, par ailleurs, à bouleverser profondément les croyances et les représentations des Français. Le cas des moyens de transport est particulièrement remarquable. La navigation à vapeur et le chemin de fer jouèrent ainsi un rôle décisif dans la diffusion de l'impression selon laquelle l'inconnu allait disparaître du globe à coups d'explorations, tandis que les distances semblaient se raccourcir toujours plus. La progressive constitution de la science géographique, de même que sa vulgarisation à grande échelle – songeons à l'œuvre de Jules Verne – s'accompagnèrent ainsi de la célébration du rôle du progrès technique dans l'avènement de la connaissance de la planète entière. Au tournant des xixe et xxe siècles, conséquence de la révolution des transports et du double mouvement d'exploration et de colonisation du monde, le thème du « monde fini » s'imposa, suggérant que l'espace dans lequel vivaient désormais les hommes n'avait plus rien à voir avec celui qui avait jusqu'alors conditionné leur existence. Le temps de l'aventure semblait passé et le monde allait entrer dans une ère nouvelle, dont on déplorait volontiers qu'elle allait être aussi triste que sûre, le regret d'une uniformisation des sociétés l'emportant sur la gloire des découvertes scientifiques.
Ce sentiment d'une transformation dans les conditions de vie des hommes sur terre se doublait de la découverte de l'existence de bouleversements ayant affecté la terre elle-même. Dès les premières années du xixe siècle, dans son Discours sur les révolutions de la surface du globe, Georges Cuvier défendait l'idée de l'immense ancienneté du globe et de l'importance considérable des mouvements qui avaient transformé, depuis les origines, la surface de la terre. Par la suite, les théories géologiques, l'invention de la paléontologie, la reconnaissance de la préhistoire bouleversèrent en profondeur les conceptions de […]
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