2. La Ve République
• Un nouveau système politique
La nouvelle Constitution, rédigée durant l'été de 1958 et adoptée par les Français en septembre, se réclame du principe républicain de la souveraineté de la nation constatée par le suffrage universel, des libertés individuelles définies par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de l'énoncé des droits sociaux contenu dans le préambule de la Constitution de 1946. Mais, à partir de ces données, elle met en place un équilibre des institutions antagoniste de celui qui prévalait sous les IIIe et IVe Républiques. C'est en effet le président de la République, désigné en 1958 par un collège de quatre-vingt mille élus de la métropole et d'outre-mer en la personne du général de Gaulle, mais dont la révision constitutionnelle de 1962 décidera l'élection au suffrage universel, qui devient la clé de voûte des institutions. Pour assumer ces fonctions qui font de lui le chef du pouvoir exécutif, il dispose d'armes efficaces : le droit de dissoudre l'Assemblée nationale, celui de soumettre à référendum une question concernant l'organisation des pouvoirs publics, celui de prendre en cas de nécessité des pouvoirs spéciaux. Il lui appartient de nommer le Premier ministre, qui émane donc de son autorité mais doit bénéficier de la confiance de l'Assemblée nationale. Quant au Parlement, chargé de voter les lois et le budget, son pouvoir de contrôle est strictement limité et encadré. Après 1962, l'existence d'un parti majoritaire, voué à soutenir l'action du chef de l'État, neutralisera pour l'essentiel ce pouvoir de contrôle du Parlement.
Dans la pratique, le système politique nouveau est celui d'une République présidentielle qui fait du chef de l'État pendant la durée de son mandat un véritable monarque républicain désigné par la nation. Successeur du général de Gaulle après la démission de celui-ci en avril 1969, Georges Pompidou maintiendra l'essentiel de ce système politique.
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