2. L'administration monarchique
La nation française est organisée sur le plan territorial, tout comme elle l'est sur le plan social avec les ordres ; organisation coutumière, bien entendu, qui, si elle assure les libertés des différentes régions de France, est peu compatible avec l'instauration d'une administration moderne. Celle-ci comporte un certain nombre de rouages dont il convient de percevoir les signes avant-coureurs à l'époque ici étudiée.
• Le gouvernement central
L'organisation territoriale fait ressortir la diversité de situation des groupements d'individus. La nation est divisée en provinces (« pays », selon la terminologie la plus ancienne), puis en villes et communautés d'habitants. Chaque province a une situation particulière, elle a ses privilèges et ses libertés. Les groupements sociaux et professionnels, qui se superposent et s'enchevêtrent dans une province, sont résolument conservateurs. C'est là un penchant naturel que renforce encore la crainte d'être dominé par l'absolutisme royal. Toute modification par le souverain se heurte à de sérieuses réactions, d'où la nécessité, surtout lorsque le pouvoir du prince est mal affermi, de consultations des groupements intermédiaires qui composent la nation. Outre les convocations d'états généraux (cf. supra), le roi procède souvent à la réunion d'assemblées de notables qui sont un diminutif des précédentes. Plus maniables, elles ont connu au cours des siècles la même décadence pour des raisons identiques.
L'absence d'institutions constitutionnelles, pouvant faire contrepoids au pouvoir royal, fait des organes du gouvernement central de simples auxiliaires du monarque, qu'il s'agisse du Conseil du roi ou des ministres.
Le devoir féodal de conseil, qui est à l'origine des états généraux, se retrouve dans le gouvernement royal « à grand conseil ». Le principe est posé par une ordonnance de 1374. « Nous et nos prédécesseurs nous avons toujours gouverné et gouvernons en tous nos faits par grand nombre de sages, hommes clercs et laïques. » Le conseil étant un devoir et non un droit pour les sujets, le roi consulte qui il veut. En fonction des […]
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