Le 10 mai 1940, la guerre éclair succède à la drôle de guerre qui dure alors depuis le 2 septembre 1939. La neutralité belge pose un problème délicat à l'état-major allié. Le plan d'origine de Gamelin préconise une bataille défensive sur une ligne fortifiée en France ; l'entrée des forces alliées en Belgique n'aurait lieu que pour répondre à un appel belge. Ce plan conjugue une défensive prudente, jointe à une avancée limitée à l'Escaut. La menace allemande se précisant aussi bien sur la Hollande que sur la Belgique, le plan français se modifie. La manœuvre Dyle prévoit que la VIIe armée à l'aile gauche, progressant au-delà d'Anvers, assurera la liaison avec l'armée hollandaise. Le gros de l'armée française et de l'armée anglaise se portera sur une ligne Anvers-Namur. Ces manœuvres audacieuses n'avaient pas emporté la conviction du général Georges, commandant le théâtre d'opérations, pas plus que celle du général Giraud, commandant de la VIIe armée. Le général Blanchard estimait de même que la Ire armée ne pouvait que s'installer dans la trouée de Gembloux. Gamelin insista pour que la manœuvre Dyle fût acceptée, engageant ainsi sa responsabilité […]
