11. Postface
Les observations qui précèdent, qui esquissaient un portrait des Français du milieu des années 1980, nous invitent à reconsidérer le sens que pourrait prendre la civilisation française, désormais entrée dans le xxie siècle. Aujourd'hui, ni le président Nicolas Sarkozy, pour qui « la République est un projet toujours inachevé », ni aucun parti politique ne veut préserver le statu quo, tous considèrent que d'innombrables réformes sont nécessaires et urgentes. Parallèlement, il existe d'incroyables freins au changement, telles la volonté de conserver les acquis, la complexité quasi impénétrable de la législation et les critiques qui pleuvent sur chaque proposition innovante. La France n'est pas du reste confrontée à une catastrophe ou à un séisme imminent qui l'obligerait à oublier ses dissensions ou à dépasser ses hésitations. Bien au contraire, elle reste très performante, réussissant mieux que la plupart des autres pays dans de nombreux secteurs, de l'agriculture à l'aéronautique et au nucléaire, en passant par le luxe et la santé. Est-il alors raisonnable de penser qu'elle pourrait décliner ?
La première incertitude tient au fait que la France n'est pas entièrement maîtresse de son destin. Elle a épousé la cause de l'Europe, mais est déterminée à garder son indépendance. Le pays est lourdement endetté. Une large part de ses grandes entreprises sont détenues par des capitaux étrangers. La France est sensible aux fluctuations économiques internationales. Elle est enfin réputée pour son arrogance à l'étranger. Malgré tout, elle reste considérée comme un pays magnifique, et accueille toujours plus de touristes étrangers que n'importe quel autre pays au monde. La concurrence exercée par les destinations exotiques s'accroît néanmoins rapidement. Les touristes qui visitent la France n'y séjournent en général que quelques jours avant de se rendre dans d'autres pays et les revenus générés par le tourisme sont deux fois moins élevés qu'aux États-Unis. La France pourra […]
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