6. Comment déconcentrer la commande publique ?
Le souci d'inscrire la création contemporaine dans des sites aussi divers que la ville, les jardins, le paysage, les édifices cultuels et historiques, de rompre avec le mode allégorique et narratif de la commande, de valoriser le point de vue de l'artiste, d'encourager les initiatives en dehors de Paris et de veiller à la pluridisciplinarité des réalisations constituent désormais les principaux enjeux de l'art public. Devant l'enthousiasme des partenaires et la nécessité de répondre à la diversité des demandes, l'État a pris la décision de déconcentrer la commande publique auprès des Directions régionales des Affaires culturelles (D.R.A.C.). Ainsi, les demandes émanent, désormais, aussi bien des collectivités territoriales ou d'établissements publics que de partenaires privés. De mécène, l'État est devenu conseiller, initiateur et garant de la qualité artistique des projets.
De nouveaux modes opératoires sont inventés. Des comités d'experts (un groupe restreint constitué de spécialistes issus de plusieurs disciplines), chargés de définir en amont de la réalisation la nature des commandes en tenant compte du contexte, de son histoire, de sa topographie urbaine et de ses besoins, sont mis en place. Des commandes photographiques, littéraires ou historiques sont suggérées pour préparer ce travail d'analyse. Le retour des tramways dans plusieurs grandes villes et les restructurations urbaines nécessaires sont autant d'espaces de réflexions et d'expérimentations pour le renouvellement de la commande publique. Les interventions d'artistes, de paysagistes, de designers ou d'architectes permettent alors une véritable intégration de l'art dans la cité.
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