4. La commande publique revisitée
Parallèlement à ces avancées, les années 1960-1970 sont marquées par l'émergence de courants artistiques novateurs qui échappent au seul domaine des musées. Le Land Art, le Earth Art, l'art minimal et conceptuel qui revendiquent l'inscription de l'œuvre dans un site élargi (paysage, désert, espace urbain) rendent alors inévitable et urgent le renforcement de la commande publique. En France, des artistes comme Jean Dubuffet, Jean Tinguely ou encore Jean-Pierre Raynaud font aussi évoluer la notion de commande publique. Ils entreprennent, sans l'aide de l'État, la construction de projets utopiques qui relèvent davantage de l'architecture que de la sculpture traditionnelle. À partir de 1969, grâce à l'aide de la famille De Menil qui met à sa disposition un terrain à Milly, dans la forêt de Fontainebleau, Jean Tinguely entame, avec quelques amis artistes, la construction du Cyclop, tandis que Jean Dubuffet, inventeur du cycle de l'Hourloupe, construit, sur un site qui lui appartient à Périgny-sur-Yerres (93), la Closerie Falbala et le Cabinet Logologique.
Au même moment, le ministère de la Culture dirigé par André Malraux commande respectivement à Marc Chagall et à André Masson le décor des plafonds de l'Opéra Garnier et du Théâtre de l'Odéon. Une attention à la qualité des villes nouvelles apparaît avec le lancement en 1974 d'une politique de commandes confiée à Monique Faux, qui invite Marta Pan, Dani Karavan, Piotr Kowalski à faire des propositions non pas pour la création de sculptures, mais pour le traitement des abords et des sites à proximité de bâtiments publics en construction.
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