2. Vie économique
En 1990, la crise du Golfe se traduit par une diminution du taux de croissance d'un demi-point en année pleine. La consommation soutenue des ménages ne suffit pas à maintenir l'activité au rythme de 1989. Pour faire face à ces difficultés, le gouvernement insiste sur la stabilité de la monnaie et des prix.
En 1991, le taux d'inflation se situe pour la première fois au-dessous du taux allemand, qui exprime les conséquences de l'unification. Le manque de vigueur de la reprise se traduit par une nouvelle montée du chômage. La situation sociale se dégrade avec une série de grèves dans les transports et de manifestations (agriculteurs, personnels de santé).
En 1992, l'économie française, malgré une gestion rigoureuse, rencontre de nombreuses difficultés. En septembre, une crise monétaire se déclenche à l'occasion de la ratification du traité de Maastricht. Elle est nourrie par la perspective de gains spéculatifs dans la logique d'une dégradation du S.M.E. : la livre et la lire venant d'en être victimes, le franc risque d'être le prochain maillon faible. Les attaques contre ce dernier, commencées le 17 septembre, se terminent le 23. La spéculation se manifeste à nouveau le 2 décembre. Ces péripéties soulignent le manque de crédibilité de la monnaie.
En 1993, l'économie continue de subir le contrecoup des difficultés liées à l'unification allemande. Le nouveau Premier ministre, Édouard Balladur, exclut un redressement rapide de la situation. La France compte 3,3 millions de chômeurs à la fin de l'année, ce qui correspond à 12 p. 100 de la population active, taux jamais atteint. La baisse du coût du crédit, poursuivie jusqu'à la crise monétaire de l'été, n'a pas l'influence espérée sur la conjoncture. En juillet, l'« emprunt Balladur » rapporte à l'État 110 milliards de francs, au lieu des 40 prévus. Les particuliers représentent 90 p. 100 des souscripteurs. Le même mois, le franc est attaqué sur le marché des changes. Cette crise monétaire, la troisième et la pl […]
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