La découverte scientifique, en décembre 1994, des gravures sur rochers (rupestres) repérées dès 1992 dans la vallée du Côa, bouleversa la conception que l'on avait de l'art monumental paléolithique : elle montrait que, en Europe occidentale, cet art n'était pas seulement pariétal (sur paroi) comme dans les quelque deux cent cinquante grottes et deux à trois dizaines d'abris-sous-roche connus mais qu'il pouvait être aussi directement accessible, à l'air libre, comme la grande majorité des sites d'art préhistorique dans le monde. Le gigantesque site de Foz Côa révèle avec éclat l'importance de l'art rupestre paléolithique, déjà entrevu grâce à une poignée de sites rupestres, dont deux situés à moins de 100 kilomètres dans le bassin du Douro.
Le Côa, affluent du Douro en rive gauche, traverse du sud au nord sur 150 kilomètres une région accidentée de collines dans le nord-est du Portugal. Sa vallée est encaissée, à versants fortement inclinés dans les derniers kilomètres avant son confluent. Là, des rochers gréseux affleurent, du rebord des plateaux aux rives de la rivière : de nombreux rochers, échelonnés sur 17 kilomètres à partir du Douro, portent des centaines de gravures […]
