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FOYERS DE CULTURE

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6.   Vers un universalisme chrétien : le cénacle de La Chênaie

Le mouvement humaniste n'était certes pas majoritaire dans le pays ni dans l'Université du xvie siècle, mais il représentait une minorité active, soutenue par le roi et la cour. Il s'agissait d'un foyer de culture privilégié, alors qu'il arrive souvent que les contours soient moins nets, l'institution plus précaire. Le cénacle de La Chênaie est marqué dès le début par le sentiment d'appartenir à une minorité qui ne peut se défendre qu'en soutenant une guerre de siège contre un environnement hostile, à la manière de Port-Royal deux cents ans plus tôt.

À l'origine, il y a le grand projet de Lamennais : fonder un nouvel ordre qui utiliserait toutes les formes de la culture moderne pour orienter les sociétés du xixe siècle vers un universalisme chrétien. Cette congrégation de Saint-Pierre entendait restaurer côte à côte la théologie et la philosophie chrétiennes, en s'appuyant sur une vaste enquête sur les sociétés modernes étudiées à travers leurs littératures. Le noviciat du futur ordre, localisé à Malestroit, était confié à Jean-Marie de Lamennais, le frère de Félicité, qui ouvrait à La Chênaie une sorte de vestibule de l'ordre, où il recevait et commençait à former des jeunes gens. Projet strictement religieux à l'origine, mais qui, du fait de la personnalité du réalisateur, va prendre tout de suite une orientation culturelle. La correspondance du plus célèbre des pensionnaires de La Chênaie, Maurice de Guérin, permet de suivre pas à pas le déroulement du programme : l'un des moniteurs fait des recherches sur Dante, un autre sur Calderón, d'autres sur Milton, sur les poètes lakistes anglais, sur les romantiques allemands, sur Mickiewicz... Tout se passe comme si Lamennais avait voulu, en prouvant le mouvement par la marche, valider les théories du Génie du christianisme sur les classiques chrétiens qui, dans l'avenir, devraient faire contrepoids aux classiques de l'Antiquité païenne. Chacun était mis à contrib […]

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