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FOUS LITTÉRAIRES

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2.  Mythes

  Génie et folie

L'expression « fou littéraire » a son origine dans le mythe de la parenté entre le génie et la folie. C'est le psychiatre et criminologiste italien Lombroso qui en a donné la formulation la plus claire, dans L'Homme de génie (traduit en 1899) : la folie génère et nourrit le génie. Derrière cette tentative, sinon de psychiatriser la création littéraire, du moins de faire sortir la psychiatrie du ghetto de l'anormalité et d'étendre son champ d'application (on comprend pourquoi Queneau qualifiait l'œuvre de Lombroso de « pseudo-scientifique ânerie »), on voit resurgir un mythe très ancien qui, dans sa version positive, fait du poète un prophète vaticinant, et assimile l'imagination ou l'inspiration poétique à une forme de délire : poèmes dictés pendant des rêves (comme le Kubla Khan de Coleridge) ou sous l'inspiration de drogues, mystiques dont les révélations prennent forme poétique, poètes qui sombrent dans la folie (comme Nerval ou Hölderlin). Que ce mythe ait la vie dure, le malentendu qui présida aux rapports entre Artaud et les surréalistes le prouve, ainsi que l'ambiguïté des textes surréalistes sur la folie, par exemple le chapitre de L'Immaculée Conception, où Breton et Eluard simulent plusieurs types d'écriture délirante pour montrer que le poète peut « se soumettre à volonté les principales idées délirantes sans qu'il y aille pour lui d'un trouble durable, sans que cela soit susceptible de compromettre en rien sa faculté d'équilibre » (texte cité par M. Plaza).

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