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FOULE

Que la question de la psychologie des foules ne soit apparue qu'au xixe siècle s'explique peut-être par le fait qu'avec les sociétés industrielles nous voyons se développer le phénomène de l'entrée des masses dans la vie publique, l'intervention du nombre comme facteur politique, le poids arithmétique des majorités contre les élites. C'est, en tout cas, la raison que se donne Gustave Le Bon, publiant, avec La Psychologie des foules, la première recherche psychosociologique sérieuse du phénomène, et qui écrit : « D'universels symptômes montrent, dans toutes les nations, l'accroissement rapide de la puissance des foules. L'avènement des foules marquera peut-être une des dernières étapes des civilisations d'Occident... »

Le Bon fait de la foule une entité où les individus sont fondus en une unité soumise à une âme collective. Car la foule a sa propre nature psychique. La foule est « féminine », impulsive, mobile, irritable, dominée par une mentalité « magique », puisqu'on voit les foules ne supporter aucun délai entre le désir et sa réalisation, être extraordinairement influençables et crédules, mues par des sentiments simples, guidées par des images ou des mots qui fonctionnent comme des formules magiques.

On peut regrouper en trois thèmes la description que Le Bon donne du phénomène de foule (une description dont Freud, qui récuse les explications de Le Bon, dit — dans Essais de Psychanalyse — qu'elle est exacte) :

l'individu faisant partie d'une foule acquiert, par la seule vertu d'être en groupe, un sentiment de puissance invincible qui lui permet de passer les barrières qui, habituellement, arrêtent ses instincts ;

la contagion mentale explique que l'individu qui suit les impulsions de la foule sacrifiera son intérêt personnel à celui de la foule. Cette contagion mentale est la manifestation d'un facteur plus profond, la suggestibilité ;

cette suggestibilité semble s'apparenter aux phénomènes de l'hypnotisme. Tous ces caractères, il est difficile de ne pas les regrouper en un seul q […]

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ACTION COLLECTIVE

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Les approches psychosociologiques"  : …  à des entreprises collectives. Ainsi, Gustave Le Bon (Psychologie des foules, 1895)* rend compte de la formation d'une foule par l'action de meneurs exerçant leur pouvoir hypnotique sur des êtres qui, ayant perdu toute individualité, s'influencent mutuellement. Ramenant l'ensemble de la vie sociale à des processus d'imitation,… Lire la suite
IDÉAL DU MOI, psychanalyse

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… *Expression utilisée en psychanalyse pour désigner une instance psychique. C'est en 1923 que Freud, dans l'article Le Moi et le Ça, présente une organisation de l'appareil psychique qui se divise en trois instances : le ça, le moi et le surmoi. Ce dernier comprend l'idéal du moi. Dans cet article, Freud n'établit pas de nette distinction… Lire la suite
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… *Sociologue français, célèbre par l'intérêt qu'il porta à la « psychologie des foules ». Gustave Le Bon fut un esprit universel et un polygraphe abondant. De formation médicale, il se distingua dans les ambulances mobiles en 1870, publia des travaux sur le choléra, sur la mort apparente, sur l'hygiène du soldat, sur l'asphyxie ; puis il se tourna… Lire la suite
SOCIABILITÉ

Écrit par :  André AKOUN

Dans le chapitre "Sociabilité et société globale"  : …  sur la civilisation de masse et son caractère moutonnier. Lorsque Gustave Le Bon étudie la *foule et nous montre comment les individus s'anéantissent au profit d'une âme collective « qui les fait sentir, penser et agir d'une façon tout à fait différente de celle dont sentirait, penserait et agirait chacun d'eux isolément » et lorsqu'il… Lire la suite
TARDE GABRIEL (1843-1904)

Écrit par :  Bernard VALADE

Dans le chapitre "Les lois de l'imitation"  : …  par Bernheim, Richet, Delbœuf..., n'est qu'une forme de rêve. Ici, comme chez Freud plus tard, *tout commence par le père et finit par la masse. Figure fascinante, le père est le premier maître ; et le chef fascine non par la force qu'il détient mais par la polarisation inconsciente du désir et de la foi qu'il réalise. Il incarne le moi social… Lire la suite

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