La fontaine est un lieu aménagé et orné où la nature dit sa puissance de fécondité, d'où la très ancienne habitude de faire jaillir l'eau de protomés ou d'orifices imités de pertuis organiques. Mais la valorisation de l'eau ne suit pas des cheminements uniques ; le signalent, ainsi, les fantasmes attachés au projet médiéval de la fontaine de Jouvence ou la théâtralisation jacobine de la fontaine de régénération qui reprennent, en les déformant, le mythe baptismal. C'est que les rêveries de l'eau supportent une dialectique intestine, par quoi l'élément aqueux se trouve saisi sous le double rapport contradictoire de la fécondation et de la purification ; en outre se profile, dans l'archéologie imaginaire de la fontaine, le conflit des eaux sombres et dormantes avec les eaux claires et jaillissantes. Toutes ces images naturelles seront reprises, variées, magnifiées par les fontainiers, à proportion de leur capacité technique à subjuguer la pression des fluides. Toutes les fontaines répètent, plus ou moins délibérément, purs ou combinés, deux modèles organiques fondamentaux : l'antre doublé de doux ruissellements et l'écumeuse fureur du jet orgueilleux.
Bien entendu, les parti […]
