Souvent mal connus du grand public, les fonds régionaux d'art contemporain (F.R.A.C.), dont les collections regroupent plus de dix mille œuvres, constituent un patrimoine considérable qui semble devoir s'inscrire durablement dans l'aménagement culturel de la France. Institutions liées à la création la plus vivante, les F.R.A.C., qui ont été créés en 1982, sont l'objet de remises en question circonstanciées qui tentent d'instaurer une vision critique sur cet ensemble de structures qui ont cependant su engendrer une véritable dynamique dans les régions. Comment faut-il, au vu d'un bilan considéré comme « globalement positif », orienter le développement et le devenir des F.R.A.C. ? S'agit-il d'insister sur la notion de « fonds » ou sur celle de « collection », plus facilement identifiable ? Comment, par ailleurs, convient-il de situer leur rôle par rapport aux centres d'art et aux musées consacrés à l'art contemporain ? À ces questions qui se posent avec acuité, au niveau des instances de décision nationales et régionales, les réponses proposées sont loin d'être univoques.
1. Les F.R.A.C. au service de l'art contemporain
Créés en l982 par Claude Mollard, premier délégué général aux arts plastiques, dans le cadre d'une politique gouvernementale de décentralisation volontariste et radicale, les F.R.A.C. furent baptisés régionaux pour affirmer leur vocation spécifique face au Fonds national d'art contemporain. Le ministère de la Culture avait vu alors son budget multiplié par deux, et Jack Lang souhaitait que l'on agisse vite. Dans la plupart des cas, la structure juridique adoptée sera celle d'une association de type loi de 1901, aux contours succincts qui pourraient à long terme poser quelques problèmes au sujet de l'inaliénabilité des œuvres. Les trois missions majeures des F.R.A.C., telles qu'elles furent définies alors, peuvent se résumer ainsi : acquérir et créer dans chaque région un ensemble de collections d'art contemporain ; sensibiliser le public de chaque région à toutes […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



