2. Les maximes de l'impératif catégorique
Kant aboutit ainsi à la formulation d'un « impératif catégorique » : « Agis uniquement d'après une maxime telle que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle », ou encore : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. » Le mensonge, la dissimulation deviennent le prototype de l'acte immoral : la volonté s'y contredit elle-même. L'acte moral, a contrario, révèle une raison pratique, un usage régulateur pour l'action du principe de non-contradiction ou d'universalité formelle. Kant déduit de ce principe des applications aux problèmes moraux traditionnels. Il faut comprendre que le « respect » de la loi morale se confond avec la « dignité » de l'homme. L'impératif catégorique peut alors se reformuler : « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » Ayant reconnu le caractère inconditionné, absolu, de sa liberté, la volonté se découvre législatrice. C'est seulement sur cette base d'une autonomie de la volonté qu'il est possible de construire une science des mœurs, et non sur celles, empiriques ou philosophiquement erronées (hédonisme, divinisation de l'homme), qui caractérisaient les morales antérieures. Penser la liberté, c'est-à-dire le domaine qui n'est pas soumis aux lois de la nature, domaine d'exercice d'une raison autre que la « raison pure » de la première Critique, telle sera la tâche de la Critique de la raison pratique. La Critique de la faculté de juger (1790), quant à elle, aura à reconsidérer « l'abîme » ainsi creusé entre nature et liberté. Kant, comme on l'a dit, reviendra ensuite à la Métaphysique des mœurs, puis aux sciences morales positives, avec une Anthropologie du point de vue pragmatique (1798).
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