Inaugurée en 1964, la Fondation Maeght, reconnue d'utilité publique, est une donation à l'État d'Aimé Maeght (1906-1981) et de sa femme, Marguerite Devaye (1909-1977), éditeurs d'art et propriétaires d'une célèbre galerie de tableaux à Paris. Elle ne reçoit aucune subvention de l'État et doit subvenir à ses propres ressources. Son objet, lit-on dans ses statuts, est de recevoir, conserver, acquérir et exposer les œuvres d'art. Elle doit également donner aux artistes la possibilité de rencontres et de travaux en commun. Administrée par un conseil de onze membres, dans lequel figurent trois représentants des ministères de tutelle dont deux du ministère des Affaires culturelles et un du ministère de l'Intérieur, ses seules ressources, outre la grande générosité de ses donateurs, sont fournies par les droits d'entrée, de photographie et les ventes de la librairie. Ni galerie d'art, ni simple musée, la Fondation Maeght se veut une création collective, née de la collaboration des artistes avec l'architecte hispano-américain José Luis Sert, pour faire aimer et comprendre l'art de notre temps.
Au milieu de sept hectares boisés d'une des collines de Saint-Paul à Vence, la Fondation est installée dans un ensemble de bâtiments, dont la conception architecturale est dominée par l'idée d'un dialogue permanent avec le paysage. La brique, la pierre, la terre cuite s'intègrent merveilleusement et sans heurt dans la nature méditerranéenne, et une ambiance intérieure neutre ne distrait en aucun cas le visiteur du but essentiel de l'ensemble, donner à voir et à aimer les œuvres d'art dans leur plus simple vérité. Un dédale, jalonné par des sculptures et des céramiques de Joan Miró, des mosaïques de Marc Chagall, de Tal Coat, de Georges Braque, la petite chapelle dépouillée dont les vitraux et les ardoises ont été réalisés respectivement par Braque et par Ubac, aident les promeneurs, qui gravissent la colline, à approcher dans un site exceptionnel les plus grands noms de l'art du xxe siècle.
À l'intérieur, une sér […]
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