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FONDATION DU EIHEI-JI

Le moine bouddhiste Dōgen avait fait le voyage en Chine (1223-1227) où il connut l'éveil et reçut la transmission de l'école zen Sōtō. À son retour au Japon, il enseigna d'abord seize ans dans la capitale, Kyōto. Pour des raisons non entièrement élucidées, dont probablement l'hostilité d'une partie du clergé bouddhique, il décida de s'installer dans la province d'Echizen. Dans cette région montagneuse, à l'écart du monde, il va fonder, en 1244, le monastère du Eihei-ji qui devint le siège de l'école Sōtō. Privilégiant la méditation assise, zazen, comme moyen d'accès à l'éveil, il s'adressa pendant son séjour dans la capitale à tous, sans distinction de condition ou de sexe, mais, une fois installé au Eihei-ji, il souligna l'importance des règles monastiques. Il laisse une œuvre considérable dont le célèbre Shōbōgenzō, Le Trésor de l'œil de la vraie loi, recueil de ses écrits et sermons. Mais ce texte ne sera connu et apprécié en dehors des monastères de l'école Sōtō qu'au début du xxe siècle grâce aux travaux du philosophe Watsuji Tetsurō (1889-1960). Parmi les élites japonaises, ce fut surtout l'autre branche du zen, le Rinzai, arrivée au Japon à la même période qui eut la faveur. C'est elle qui marqua profondément la culture du Japon médiéval.

François MACÉ

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