Résolus à s'organiser sur le modèle des académies européennes, des savants français élaborent en 1665 le projet d'une Compagnie des sciences et des arts. L'un d'entre eux, Adrien Auzout, expose dans une épître à Louis XIV la nécessité d'un observatoire astronomique : « Il y va SIRE, de la Gloire de Vostre Majesté, & de la réputation de la France, & c'est ce qui nous fait espérer qu'elle ordonnera quelque lieu pour faire à l'avenir toutes sortes d'Observations Célestes, & qu'elle le fera garnir de tous les instrumens nécessaires pour cet effet. » Le roi et Colbert vont rapidement satisfaire à ces vœux en fondant l'Académie royale des sciences, qui tient sa première séance le 22 décembre 1666, et l'Observatoire royal, premier véritable observatoire moderne, pour lequel un terrain est acheté le 7 mars 1667 ; celui-ci est situé hors de Paris, au-delà de la Fausse Porte Saint-Jacques, au lieu-dit Le Grand Regard (regard de l'aqueduc des eaux de Rungis et d'Arcueil construit en 1613). Ces deux créations sont liées, l'Observatoire devant servir aussi bien de lieu de travail pour les académiciens – avec ses salles de réunion, ses laboratoires et ses dépôts de collections – que de centre d'observations astronomiques. La première pierre de l'Observatoire, conçu par Claude Perrault, est posée le 21 juin 1667, jour du solstice d'été. Le gros œuvre sera terminé en 1672 et les aménagements en 1683. L'Observatoire sera cependant bientôt délaissé par les académiciens, qui le trouvent trop éloigné du centre de Paris, et entièrement consacré à l'astronomie sous la direction de Jean-Dominique Cassini (1625-1712), qui s'y installe en 1671. Contrairement à ceux de l'Observatoire de Greenwich, fondé en 1675 pour les besoins de l'astrométrie et de la navigation maritime, les astronomes de l'Observatoire de Paris étaient totalement libres dans leurs recherches.
Photographie
Jean-Baptiste Colbert présentant les membres de l.Académie royale des sciences à Louis.XIV, H. Testelin Henri Testelin, Jean-Baptiste Colbert présentant les membres de l'Académie royale des sciences à Louis XIV. On distingue à l'arrière-plan le futur bâtiment de l'Observatoire de Paris. Huile sur toile. Musée national du Château, Versailles, France.
Crédits: Giraudon, The Bridgeman Art Library Consulter
James LEQUEUX
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