4. Folklore et psychanalyse
Sigmund Freud, qui s'est beaucoup intéressé au folklore, déclare : « On retrouve [la symbolique du rêve] dans toute l'imagerie inconsciente, dans toutes les représentations collectives, populaires, notamment dans le folklore, le mythe, les légendes, les dictons, les proverbes, les jeux de mots courants : elle y est même plus complète que dans les rêves. » Il écrit, par ailleurs : « Chaque fois que la névrose se dissimule sous ces symboles, elle suit à nouveau les voies qui furent celles de l'humanité primitive et dont témoignent maintenant encore nos langues, nos superstitions et nos mœurs quelque peu ensevelies. » Mais l'on trouve chez Freud peu de textes qui tentent une théorie des rapports entre la psychanalyse et le folklore. Ernest Jones, qui a consacré à celui-ci quelques études de psychanalyse appliquée, a abordé le problème général dans une communication au congrès de la Folk-Lore Society de Londres en 1928. La psychanalyse a démontré, dit-il, que nos idées conscientes, nos intérêts et nos croyances ont leur origine dans l'inconscient, le rôle de la conscience se limitant à la critique, à la sélection et au contrôle. Deux voies permettent aux représentations inconscientes de s'exprimer. La première leur fait subir un processus de transformation qui leur permet de s'harmoniser avec les exigences de la réalité extérieure et celles de la conscience interne (le surmoi). L'autre voie conduit à l'élaboration de ce que Freud appelle « formations de compromis ». Ces compromis s'établissent entre les représentations refoulées et les représentations refoulantes, entre deux forces antagonistes, le désir et la défense. On peut en trouver des exemples dans le symptôme, mais aussi dans des phénomènes non pathologiques tels que le rêve ou les croyances et les coutumes folkloriques. Celles-ci, selon Jones, « reproduisent les mêmes mécanismes mentaux particuliers aux productions de l'inconscient et, chose peut-être plus importante, elles révèlent le m […]
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