2. Formes traditionnelles et modernes d'utilisation
Les hommes ont, de tout temps, cherché à utiliser les fleuves pour se déplacer ou transporter leurs marchandises, pour irriguer leurs champs ou pour produire de l'énergie. Dépourvues de moyens techniques efficaces, les civilisations traditionnelles ont dû s'adapter aux particularités des fleuves qu'elles utilisaient. Le plus souvent, les fleuves indomptés représentaient, lors des crues, une menace devant laquelle les habitants des vallées devaient fuir, faute de savoir se prémunir contre elle. Avec l'acquisition des techniques industrielles, l'homme a conquis la maîtrise des eaux courantes. Luttant contre l'eau nuisible, il a endigué les cours d'eau, puis aménagé les fleuves pour l'irrigation, la navigation, la production d'électricité, le ravitaillement en eau des collectivités humaines ou les loisirs des citadins. L'homme a substitué aux interventions fragmentaires du passé un aménagement global des bassins fluviaux, faisant de la domestication de l'eau un des fondements majeurs de la politique de l'espace. Cependant, cette maîtrise progressive de l'eau utile doit se poursuivre, en s'adaptant notamment aux aléas climatiques de plus en plus fréquents.
• Irrigation
L'agriculture a toujours été le principal consommateur d'eau fluviale dans les régions sèches, chaque fois que la présence d'un fleuve allogène permettait le recours à l'irrigation ; ainsi le Nil, dont les eaux, venues de l'Afrique équatoriale, abondantes en été, traversent le désert égyptien qu'elles fécondent. Dès l'Antiquité, les cultivateurs se sont ingéniés à conduire vers leurs champs les eaux montantes du fleuve qu'ils élevaient encore, au moyen de rudimentaires vis d'Archimède ou de seaux suspendus à un balancier (chadouf).
Le plus souvent, ce sont les eaux descendues des montagnes voisines, plus arrosées et plus froides, qui sont mises à contribution. Quand la montagne est de faible altitude, les eaux tarissent vite, après la période des pluies, et les paysans pratiquent des cultures précaires dans le lit même du fleuve sur la […]
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