4. Un historien au tribunal de l'histoire
Dès le lendemain de Jotapata, Josèphe suscita parmi les siens l'accusation de trahison. Plus tard, à Rome, malgré la protection des Flaviens, il fut entouré d'une certaine suspicion. Un autre rescapé de Galilée, Juste de Tibériade, l'attaqua dans un ouvrage aujourd'hui perdu. Josèphe y répondit en écrivant une Autobiographie qui ne couvre en fait que les premiers mois de son action en Galilée. C'est un récit confus qui contredit sur certains détails La Guerre écrite vingt ans plus tôt.
Toute l'œuvre de Josèphe, d'abord encensée par l'Église, fut remise en question par certains théologiens, catholiques notamment, en raison de ses divergences avec les récits évangéliques (dates du règne d'Hérode, du recensement de Quirinius, absence de mention du massacre des Innocents, cause de la mise à mort de Jean-Baptiste).
De nos jours, en Israël plus particulièrement, le problème de la trahison se repose parfois à son sujet, mais Josèphe y demeure le guide des archéologues de la période romaine, et force est de constater que, s'il avait eu une conduite plus héroïque, tout un pan de l'histoire, qui intéresse au premier chef juifs, chrétiens et historiens de Rome, nous resterait inconnu.
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