BOUTIQUECONTACTASSISTANCE
Zone de recherche

AltasAuteursRecherche thématiqueDictionnaire

DOSTOÏEVSKI (F. M.)

Dostoïevski n'est pas, comme Tolstoï, un seigneur dans son domaine. Citadin sans fortune, écrivain qui vit de sa plume, il créa dans l'angoisse et la maladie, avec une énergie surhumaine. Il ne connut la gloire que dans sa dernière année, mais la postérité l'a placé, au-dessus peut-être de Tolstoï, au rang des plus grands génies de la littérature universelle. Il a exprimé avec acuité l'inquiétude métaphysique en même temps qu'une foi ardente dans le Christ et dans le peuple russe. Il a ainsi renouvelé le roman et créé un mouvement de pensée qui, dans le monde, n'est pas près de s'éteindre.

1.  Chronologie sommaire

Né à Moscou, Dostoïevski vécut surtout à Saint-Pétersbourg, où il mourut. Il ne reçut pas de formation universitaire, mais acquit très tôt par ses lectures une bonne connaissance des littératures russe et étrangères et se sentit une vocation d'écrivain. Il avait gardé de son éducation familiale un amour ardent du Christ, qui le porta à s'intéresser aux humbles et aux idées de réforme sociale. La part qu'il prit aux réunions du cercle fouriériste de Pétrachevski lui valut dix ans de mise au ban de la société, quatre au bagne d'Omsk et six de service militaire en Asie centrale, où il fit un mariage sans joie. De retour à Saint-Pétersbourg, il recommence en 1860 une carrière littéraire qu'il poursuivra jusqu'à ses derniers jours, en dépit de ses crises d'épilepsie et d'un perpétuel inconfort moral et matériel.

Après la mort de Marie Dmitrievna, il avait épousé Anne Grigorievna qui le rendit père de famille et lui fut en tout une aide inestimable. Le grand événement de leur vie, décisif pour la pensée politique et religieuse de Dostoïevski, fut un séjour en Occident de 1867 à 1871.

La vie active de Dostoïevski peut se diviser en trois périodes. Dans la première, jusqu'à vingt-sept ans, il se forme et s'essaie. Dans la deuxième, il réfléchit et écrit La Maison des morts (Zapiski iz mertvogo doma, 1862), Le Sous-Sol (Zapiski iz podpolja, 1864) et Crime et Châtiment (Prestuplenie i Nakazanie, 1866). Enfin, entre quarante-cinq et cinquante-neuf ans, il donne L'Idiot (Idiot, 1868), Les Démons (Besy, 1872), L'Adolescent (Podrostok, 1875), Les Frères Karamazov (Brat'ja Karamazovy, 1880), et le Journal d'un écrivain (Dnevnik pisatelja ; 1873, 1876-1877, août 1880 et janv. 1881).

[...]
1 2 3 4 5

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur  7 pages…

 

Pour citer cet article

Pierre PASCAL, « DOSTOÏEVSKI (F. M.)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fiodor-mikhailovitch-dostoievski/

Classification thématique de cet article :

  

Offre essai 7 jours

« DOSTOÏEVSKI FIODOR MIKHAÏLOVITCH (1821-1881) » est également traité dans :

DOSTOÏEVSKI (F. M.) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Jean-François PÉPIN

30 octobre 1821 Naissance de F. M. Dostoïevski à Moscou. 1831 Le père de Fiodor, le docteur Dostoïevski, fait l'acquisition d'une petite propriété, Daravoié, et du village de Tchermachnia. 1837 Mort de la mère de Fiodor, Maria Fiodorovna. Il est reçu à l'examen d'entrée de… Lire la suite
LES FRÈRES KARAMAZOV, livre de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski

Écrit par :  Jacques CATTEAU

Dernier grand roman de F. M. Dostoïevski (1821-1881) Les Frères Karamazov paraissent en revue de 1879 à 1880 dans Le Messager russe. À mesure des livraisons, le succès va grandissant, renforcé par les lectures qu'en donne l'écrivain aux soirées littéraires du moins dans le public car la presse réagit en… Lire la suite
I DEMONI (mise en scène P. Stein)

Écrit par :  Jean-Louis BESSON

Peter Stein a tiré des Démons, le roman de Dostoïevski, un spectacle-fleuve de près de douze heures, joué en italien et rassemblant vingt-six comédiens. Créé en mai 2009 à San Pancrazio en Ombrie, le spectacle a été représenté à Paris du 18 au 26 novembre 2010 auThéâtre national de l'Odéon (dans la salle des ateliers Berthier).… Lire la suite
BAKHTINE MIKHAÏL MIKHAÏLOVITCH (1895-1975)

Écrit par :  François POIRIÉ

Né à Orel (Russie) dans une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres illustrèrent l'histoire et la culture russes, Mikhaïl Bakhtine fait ses études secondaires au lycée d'Odessa. En 1913, il entre à la faculté d'histoire et de philologie de l'université de Novorossiisk (aujourd'hui université d'Odessa) qu'il quitte ensuite pour celle de… Lire la suite
LES DÉMONS, livre de Fiodor Dostoïevski

Écrit par :  Louis ALLAIN

Les Démons, de Fiodor Dostoïevski (1821-1881), parurent dans Le Messager russe, une revue libérale de droite, entre janvier et novembre 1871 pour les deux premières parties et en novembre-décembre 1872 pour la troisième partie. Il s'agit du troisième roman-tragédie de l'… Lire la suite
NIHILISME

Écrit par :  Jean GRANIER

Dans le chapitre "Révolte et nihilisme"  : …  cette découverte. On peut s'abîmer dans une méditation morose sur la vanité de toute vie. Dostoïevski, dans les « Carnets » de Crime et châtiment, note : « Le nihilisme, c'est la bassesse de la pensée. Le nihiliste, c'est le laquais de la pensée. » Mais on peut aussi joindre conscience de l'absurde et protestation : dévoilant… Lire la suite
ORTHODOXE ÉGLISE

Écrit par :  Olivier CLÉMENTBernard DUPUYJean GOUILLARD

Dans le chapitre "La Trinité et l'anthropologie trinitaire"  : …  comme un écrin assez vaste pour contenir Dieu même et c'est dans cette perspective que Dostoïevski, dans Les Possédés, avance une sorte d'argument « agapique » de l'existence de Dieu. Le cœur, fait-il dire au vieux Stepan Verkhovensky, aime aussi naturellement que la lumière luit, il ne peut faire autrement. C'est pourquoi «… Lire la suite
PASCAL PIERRE (1890-1983)

Écrit par :  Georges NIVAT

par la foi intérieure de chaque écrivain. Il traduira et présentera Gogol, Leskov, Dahl, Tolstoï, Korolenko et bien d'autres. Mais son auteur de dilection est Dostoïevski, un Dostoïevski hanté par la réconciliation du socialisme et du christianisme, en quête continuelle de Dieu, un Dostoïevski débarrassé des entassements interprétatifs du xxeLire la suite
ROMAN - Roman et société

Écrit par :  Michel ZÉRAFFA

Dans le chapitre "La société dans le roman"  : …  . Même les deux grands romanciers russes ont une vision sociologique limitée par rapport à celle de Balzac. Certes, les Karamazov ou Les Démons sont des œuvres « polyphoniques » (M. Bakhtine) en ce sens qu'elles rassemblent et font s'entrecroiser les multiples langages (donc les idées et les sentiments) de la Russie passée et présente. Mais… Lire la suite
ROMAN - Le personnage de roman

Écrit par :  Michel ZÉRAFFA

Dans le chapitre "Les aspects du personnage"  : …  est humain, vivant, convaincant parce qu'il est constitué d'une forme littéraire elle-même adéquate à un mode de pensée. Pour Dostoïevski, seule l'âme est un être : le monde psychique et matériel ne fait qu'exister. Aussi décrira-t-il une tapisserie éraillée, un robinet mal fermé, la buée d'un compartiment de chemin de fer, et maints personnages… Lire la suite

Afficher la liste complète (10 références)

  

Accueil - Contact - Mentions légales
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter le dictionnaire de l'Encyclopædia Universalis
© 2017, Encyclopædia Universalis France. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.