3. La Finlande depuis 1945
• La reconstruction (1945-1956)
Le bilan de la guerre était particulièrement lourd. Quatre-vingt-cinq mille Finlandais avaient péri dans les combats. Quatre cent vingt mille réfugiés Caréliens, en majorité cultivateurs, attendaient qu'on leur redonnât un logement et du travail. La Laponie avait été ravagée. Le rationnement était sévère et il fallait au plus vite assurer le paiement des réparations.
Dans ce contexte dramatique, le gouvernement devait en priorité assurer le relèvement économique et social. Au début de 1945, une série de mesures d'urgence permirent de parer au plus pressé. Une loi agraire autorisa la mise en culture de terres nouvelles et un partage plus équitable de la propriété au profit des réfugiés et des paysans défavorisés. Un système de pensions fut élaboré en faveur des invalides et des veuves de guerre, tandis qu'était améliorée la protection des mères et des enfants. Un ambitieux programme de relogement et des aides à la Laponie martyre complétèrent le tout. Pour assurer les livraisons de matériel prévues par l'armistice, l'État s'engagea dans la création d'une industrie métallurgique développée. Par des subventions et une action persévérante, il évita à l'économie de graves problèmes de reconversion. Les résultats furent à la hauteur des espérances. Dès 1948, le niveau de production de 1938 fut dépassé. En 1952, on put fêter solennellement la fin des réparations. La haute conjoncture née de la guerre de Corée devint alors le stimulant d'une industrie rénovée. L'agriculture, pour sa part, s'était modernisée, et parvenait à subvenir aux besoins de base, ce qui mit fin au rationnement. Tous les problèmes, cependant, n'étaient pas résolus. Une inflation excessive rognait les salaires et les conflits sociaux furent parfois très âpres, comme lors des émeutes de Kemi en 1949. Les travailleurs avaient souvent l'impression de ne pas recueillir le fruit de leurs efforts.
Une autre tâche primordiale occupa les responsables finlandais […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 32 pages…



