Si nombre de pionniers de la photographie furent aussi des peintres — Nadar, par exemple, ou Delacroix lorsqu'il leur est arrivé de collaborer avec Eugène Durieu —, quantité de peintres se sont sans doute aussi posé la question à un moment de leur recherche : « Que peut-on faire avec une caméra ? »
Les films qui résultent de cette recherche sont difficiles à classer. Tantôt le peintre s'éprend assez de ce nouveau mode d'expression pour verser dans le professionnalisme (par exemple Robert Lapoujade : Le Socrate, 1969 ; Le Sourire vertical, 1973) et abandonner plus ou moins la peinture, tantôt, au contraire, il aborde le cinéma comme simple continuation et prolongement de ses recherches picturales sans chercher à s'intégrer au marché cinématographique. On a alors affaire à un cinéma d'avant-garde : c'est le cas des films des futuristes italiens, Rythme coloré de Léopold Survage, des films de Hans Richter (Rythmes, Rêves à vendre), Le Retour à la raison de Man Ray (1923), L'Anemic cinéma de Marcel Duchamp (1926), Le Ballet mécanique de Fernand Léger (1924) ; ou encore à un cinéma expérimental et undergrou […]
