5. La vaccination
La fièvre jaune a été vaincue surtout par la découverte de méthodes efficaces de vaccination. Le vaccin 17 D Rockefeller est obtenu à partir d'un virus vivant atténué ; l'une des premières souches de virus isolées en Afrique a été cultivée au laboratoire pendant plus de 300 passages sur des cellules d'embryon de poulet. Ces passages successifs ont atténué la virulence du virus et l'inoculation à l'homme ne provoque plus que des réactions légères ou nulles tout en assurant une immunité solide et de longue durée. La souche atténuée ne peut pas être transmise par les moustiques. Un autre type de vaccin, lui aussi très efficace, a été mis au point à Dakar grâce à une atténuation par passage sur la souris.
Ces vaccins ont été administrés à des dizaines de millions de sujets et ont permis d'éviter que se renouvellent les grandes épidémies d'autrefois et que se dissémine le virus. Les épidémies que l'on a pu enregistrer dans les dernières années correspondaient soit à l'entrée du virus dans des régions jusque-là non infectées, et où par conséquent la vaccination n'était pas en vigueur, soit à des relâchements des mesures préventives après de nombreuses années sans fièvre jaune.
L'ensemble des précautions actuellement utilisables pour prévenir le retour d'épidémies meurtrières de fièvre jaune comporte donc plusieurs mesures essentielles : d'une part, la vaccination systématique des populations habitant dans les régions définies comme des foyers de circulation du virus chez les animaux sauvages et aussi l'administration préventive de vaccins aux voyageurs qui se rendent dans ces régions ou qui en viennent, afin d'éviter la dissémination à d'autres pays (ce point fait l'objet d'une législation universellement appliquée et codifiée dans le Règlement sanitaire international) ; d'autre part, la recherche et la destruction des moustiques vecteurs, tout particulièrement de l'Aedes aegypti, doivent permettre une lutte efficace contre ces insectes et interrompre ainsi le cycle de transmission éventuel du virus ; enfin, la mise en place d'un dispositif de surveillance et d'alerte est essentielle pour dépister très précocement les premiers cas d'une épidémie, ce qui doit permettre une intervention immédiate à l'aide des deux mesures précédentes dans une zone atteinte et dans les régions avoisinantes ; en France, la fièvre jaune fait l'objet de mesures exceptionnelles et sa déclaration est obligatoire, en application du décret no 88-770 du 10 juin 1986.
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