4. Épidémiologie
La fièvre jaune se présentait, surtout autrefois, sous la forme d'une maladie urbaine, atteignant les populations des grandes villes, des petites agglomérations ou même des villages. Cette forme correspond à un cycle de transmission caractéristique : le cycle urbain homme-moustique-homme est particulièrement efficace pour disséminer le virus et donc la maladie dans les populations agglomérées. Le moustique vecteur était l'Aedes (Stegomya) aegypti, commun sous les tropiques, dont les larves se développent dans des gîtes domestiques tels que boîtes de conserve et réservoirs d'eau. Il ingère le virus en piquant un malade ; puis, après une période de latence, il devient capable de transmettre le virus à un sujet sain. Les grandes épidémies historiques étaient de ce type, et les progrès accomplis dans la connaissance de ce mécanisme ont permis, grâce aux campagnes intenses d'éradication de l'Aedes aegypti, de faire presque disparaître le fléau, en particulier en Afrique occidentale, à Cuba, en Amérique centrale et au Brésil.
En dépit de ces premiers succès, il devint vite évident que la fièvre jaune se maintenait, même si les conditions précédentes n'existaient plus : il y a donc d'autres sources de virus et d'autres mécanismes de transmission. Ces mécanismes font intervenir les singes sauvages comme réservoirs de virus. Ces animaux sont le siège d'un cycle continu de transmission, singe-moustique-singe et cette circulation de virus peut être apparente si les espèces atteintes sont sensibles à la maladie (c'est le cas en Amérique du Sud) ou inapparente si, comme en Afrique, les singes n'y sont pas sensibles. À partir de ce cycle sauvage, l'homme peut être atteint à son tour s'il s'établit une communication ; par exemple, si les moustiques assurant le cycle chez le singe piquent l'homme ou les moustiques qui attaquent habituellement l'homme se nourrissent accidentellement sur un singe infecté. Cette forme de fièvre jaune dite « selvatique » est actuellement présente en Afrique et en Amérique du Sud, mais ne provoque qu'exceptionnellement une véritable épidémie. Ce fut pourtant le cas en Éthiopie en 1961 ou au Sénégal en 1965. Il n'est pas possible de combattre la maladie en éliminant les moustiques puisqu'il s'agit ici des moustiques de la forêt tropicale.
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