Unique opéra de Ludwig van Beethoven, Fidelio connut une genèse difficile, qui explique peut-être qu'en dépit de ses traits de génie, certains, mettant en doute le sens dramatique du compositeur, le jugent imparfaitement réussi. Le livret est une traduction et une adaptation par Joseph von Sonnleithner d'un drame du Français Jean-Nicolas Bouilly, Léonore, ou l'Amour conjugal, déjà mis en musique par Pierre Gaveaux en 1798. Commencée au début de 1804, une première version de l'œuvre, en trois actes, est achevée durant l'été de 1805 et créée le 20 novembre de la même année – douze jours avant Austerlitz –, au Theater an der Wien de Vienne, sous la direction du compositeur, avec la soprano Anna Milder-Hauptmann (Leonore) et le ténor Friedrich Christian Demmer (Florestan) ; elle essuie un échec et ne connaît que trois représentations devant un public composé en majorité d'officiers français, dans une ville qui vient d'être occupée par les troupes de Napoléon. Beethoven se résout à remanier son œuvre avec l'aide du poète Stephan von Breuning ; cette deuxième version, condensée en deux actes, est représentée deux fois au Theater an der Wien, les 29 mars et 10 avril 1 […]
