4. L'expression de la fertilité
Du fait que les milieux les plus fertiles portent généralement les meilleures récoltes pour la majorité des espèces cultivées, on peut se demander s'il est justifié d'inclure des facteurs purement spécifiques ou même variétaux dans l'expression de la fertilité du milieu géographique. La réponse est assurément affirmative puisque, en fonction de caractères morphologiques ou physiologiques du système racinaire aussi bien que de l'appareil aérien, diverses cultures présentent des aptitudes différentes à tirer bénéfice de tel ou tel facteur de production. Il suffit d'évoquer, à titre d'exemple, l'appréciation qui pourrait être portée sur la fertilité, à travers le comportement d'arbres, de plantes de grande culture ou, a fortiori, de légumes ou de fraises ; ou encore celle qui résulterait du comportement de la vigne en terrain calcaire si l'on ne tenait pas compte de la nature du porte-greffe.
Cela revient à dire que la fertilité exprime la mesure dans laquelle les facteurs fonciers limitent les potentialités génétiques d'une variété déterminée placée à l'optimum des facteurs techniques. Une telle conception présente l'avantage de ne pas concevoir la fertilité ne varietur, à lui attribuer au contraire des possibilités de variations que le progrès scientifique et technique voudrait toutes positives, mais qu'une insuffisance des connaissances (surtout au niveau des conséquences à long terme) rend parfois douteuses et même négatives.
Très schématiquement, la fertilité pourrait donc s'exprimer par la formule suivante appliquée à une espèce (ou groupe d'espèces) donnée :

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