Enfant d'une famille de paysans, Fernando Namora naquit à Condeixa, au Portugal, le 15 avril 1919. Il étudia tout d'abord à Coimbra et, plus tard, à Lisbonne. Mais ses études supérieures de médecine se déroulèrent à nouveau à Coimbra.
En 1938, il débuta dans la vie littéraire portugaise avec un livre de poèmes intitulé Relevos, et avec un roman As sete partidas do mundo. Parallèlement à l'écriture, Namora se consacre aussi à la peinture. Son intérêt pour les arts plastiques ne se démentira d'ailleurs jamais. En 1942, il publie un roman, Fogo na noite escura (traduit en français, en 1971, sous le titre de Feu dans la nuit). Ces premières œuvres dessinent parfaitement le cadre idéologique de la littérature de Namora, qui appartient à l'aile la plus hétérodoxe du réalisme social qui, au Portugal, est désigné sous le nom de « néo-réalisme », quoique ce mouvement à caractère politique fût vécu par Namora dans un incessant esprit critique et au travers d'une intelligence et d'une sensibilité extrêmement ouvertes à la complexité des problèmes contemporains. Ces œuvres circonscrivent, en même temps, le milieu où se déroulent ses premiers romans : la vie des étudiants dans une petite ville de province portugaise, Coimbra, marquée par une prestigieuse tradition universitaire.
La deuxième phase de l'œuvre de Namora est plus directement liée à sa propre expérience de médecin dans les milieux ruraux portugais : elle est marquée par la parution de livres tels que Casa da Malta (1945), Minas de Sao Francisco (1947) et surtout, en 1949, le premier volume des Retalhos da vida de um médico (traduit en français, en 1955, sous le titre Carnet d'un médecin de campagne), A Noite e a Madrugada et O trigo e o joio (1954, Le Bon Grain et l'ivraie).
La troisième phase de l'œuvre de Namora correspond à son retour à Lisbonne. L'influence de certains aspects de l'existentialisme français et l'importance acquise par la problématique de l'aliénation dans le cadre de la pensée de la gauche européenne le rendent particulièrement sensible à l'inh […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



