Au début de 1961 éclatait brusquement le plus grand scandale immobilier de l'après-guerre, celui du Comptoir national du logement ; au centre de l'affaire, son architecte en chef Fernand Pouillon, encore ignoré du public. Il ne le restera pas longtemps car son comportement fait très vite de lui le héros rêvé des médias : arrêté, transporté dans une clinique en raison de son état de santé, Pouillon s'évade de façon rocambolesque pour finalement se présenter devant le tribunal correctionnel de la Seine. Dans le droit-fil des conceptions des maîtres de l'époque classique qui assumaient allégrement plusieurs fonctions, Pouillon, sous des prétextes de rentabilité, avait été actionnaire de différents fournisseurs du C.N.L., en se servant de prête-noms. En outre des « travaux particuliers » considérables avaient été payés par le C.N.L. : il s'agissait, dans le cas de Pouillon, de la restauration d'un château en Eure-et-Loir et d'une fastueuse demeure médiévale, rue des Ursins, à Paris.
Exclu de sa profession, Pouillon s'exila en Algérie et se convertit à l'islam. Architecte conseil du gouvernement algérien, il construira pour lui 40 hôtels, principalement au cours des années 1970 […]
