Né à Tourcoing le 9 juillet 1901, Fernand Grenier est le fils d'un ouvrier métallurgiste mort pour la France en 1917. Ouvrier boulanger, il témoigne de son antimilitarisme lors de l'occupation de la Ruhr. Dès 1924, il suit les cours de l'école centrale du parti, aux côtés de Jacques Duclos. À la mairie d'Halluin avant guerre, comme député de Saint-Denis de 1937 à 1939 et de 1945 à 1968, il ne s'écarte pas de l'orthodoxie communiste. Ce militant connaît Moscou au temps des grandes purges staliniennes, au titre officiel de président de l'Association des amis de l'U.R.S.S., mais aussi en qualité de messager du Komintern entre Moscou et Paris. Militaire pendant la drôle de guerre et la campagne de France, Fernand Grenier est interné comme communiste à partir du 5 octobre 1940 dans les centrales de Fontevrault et de Clairvaux. Transféré au camp de Châteaubriant le 15 mai 1941, il s'en évade le 18 juin, et échappe ainsi au sort de Guy Mocquet, fusillé le 22 octobre 1941 à dix-sept ans, avec vingt-six autres communistes désignés aux nazis par Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur de Vichy. Pendant la guerre, il est l'ardent défenseur de leurs mémoires, spécialement comme témoin à charge au procès Pucheu à Alger. Président de l'amicale des anciens internés de Châteaubriant de 1945 à sa mort, il publiera, de 1961 à 1971, quatre éditions de Ceux de Châteaubriant, exaltant l'ingéniosité, l'esprit d'organisation, la cohésion, l'absence de vantardise et la solidarité communiste.
Représentant du comité central du P.C.F. à Londres, il parle pour la première fois à la B.B.C. le 15 janvier 1943. Il indique que l'immense masse des Français souhaite avec passion « qu'une seule administration dirige et organise l'effort français dans la guerre ». Même si le P.C. se fait simultanément représenter auprès du général Giraud par Henri Pourtalet, les dirigeants de la France combattante affirment leur foi dans un seul bloc français, des communistes aux royalistes groupés autour de la croix de Lorraine. Moins d'u […]
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