4. Circumnavigation du globe
Après la mort de Magellan, seuls deux vaisseaux, la Trinidad et la Victoria, atteignent les Moluques. Un seul navire, la Victoria (85 tonneaux), rentre en Espagne, sous le commandement d'Elcano, à l'origine commandant de la Concepción et partisan de la mutinerie de San Julián. Pour avoir ramené à bon port, le 4 septembre 1522, le navire, présentant des voies d'eau mais chargé d'épices, avec à son bord seulement dix-sept autres survivants européens et quatre Indiens, extrêmement affaiblis, Elcano se voit remettre de nouvelles armoiries par l'empereur ainsi qu'un globe portant l'inscription « Primus circumdedisti me » (« c'est toi qui le premier m'as contourné »). En revenant par Le Cap, il vient en effet d'apporter la preuve pratique de la sphéricité de la Terre.
La prouesse de Magellan tient à la conception audacieuse et à la direction de l'entreprise qui accomplit le premier tour du monde. Premier navigateur à traverser le Pacifique d'est en ouest, il infirme l'idée répandue selon laquelle quelques jours de navigation vers l'ouest à partir du Nouveau Monde suffisent pour atteindre les Indes orientales ; il lui aura fallu en effet plus de trois mois.
Doté d'un caractère complexe, Magellan reste une énigme. De nombreux auteurs l'ont critiqué pour avoir changé d'allégeance, oubliant qu'à cette époque la loyauté d'un Portugais envers son souverain passait après sa loyauté envers Dieu. D'autres ont en revanche souligné qu'en offrant ses services à une autre couronne, Magellan ne fit qu'imiter Christophe Colomb, Sébastien Cabot et Amerigo Vespucci et que les progrès de la connaissance ne sauraient être entravés par des questions de nationalité. Mais tous les Portugais s'accordent à dire que Magellan est des leurs.
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