Son père étant mort peu après sa naissance, Ferdinand von Saar grandit à Vienne chez son grand-père, choyé par une mère à l'égard de laquelle il entretiendra, sa vie durant, des sentiments de culpabilité (elle souffrit plus que lui de ses premiers échecs). En 1849, il entre comme aspirant dans l'armée et la quitte sous-lieutenant, en 1860, pour embrasser le métier d'écrivain. Saar envoie au Burgtheater sa première pièce, Les Boromée, qui est refusée comme injouable ; d'où une extrême pauvreté six ans durant. Des bienfaitrices l'aident alors. Bien qu'il n'obtienne pas le poste tant désiré de bibliothécaire à la Cour, sa situation financière s'améliore dès 1866 : une bourse d'artiste lui est allouée. Sur la fin, il est reconnu par tous et meurt couvert de décorations.
C'est, malgré son échec liminaire, avec une assiduité proprement stupéfiante que Saar s'entêta à devenir célèbre comme auteur dramatique. Son deuxième ouvrage, une tragédie en vers intitulée L'Empereur Henri IV (Kaiser Heinrich IV. Ein deutsches Trauerspiel, 1865-1867), est constamment remis sur le métier, sans parvenir toutefois à satisfaire aux exigences de la scène. Mais bientôt lu […]
