Coureur cycliste suisse né le 24 juillet 1919 à Adliswil, près de Zurich. Sans doute moins doué que son compatriote Hugo Koblet, Ferdi Kubler, têtu, plein de bravoure, parfois pathétique dans l'effort, a su se bâtir un beau palmarès.
Ferdi Kubler fait ses débuts chez les professionnels en 1940. Il remporte le Tour de Suisse en 1942, le Championnat de Zurich en 1943, deux étapes sur le Tour de France en 1947, le Tour de Suisse de nouveau et le Tour de Romandie en 1948, une étape lors du Tour de France 1949.
En 1950, Ferdi Kubler gagne le Tour de France. Lors de cette édition, Gino Bartali, ulcéré par le comportement du public, décide de se retirer de la course à Saint-Gaudens, terme de la onzième étape, provoquant l'abandon de tous les Italiens, dont celui de Fiorenzo Magni, leader du classement général. Ferdi Kubler hérite du maillot jaune, mais refuse de le porter le lendemain. Il saura néanmoins s'en montrer digne. Entre Perpignan et Nîmes (treizième étape), il distance Louison Bobet et Raphaël Geminiani de 10 minutes. Lors de l'étape contre la montre Saint-Étienne-Lyon, il domine ses concurrents et assure sa victoire. À Paris, Ferdi Kubler devance Constant Ockers de 9 min 30 s, Louison Bobet de 22 min 19 s.
En 1951, Ferdi Kubler remporte Liège-Bastogne-Liège, la Flèche wallonne, le Tour de Suisse, le Tour de Lombardie et, surtout, devient champion du monde sur route. Sur le circuit de Varèse, il prend les devants dès le soixantième kilomètre et, malgré la présence de trois Italiens dans l'échappée, conquiert le maillot arc-en-ciel en devançant au sprint Fiorenzo Magni et Antonio Bevilacqua.
En 1952, Ferdi Kubler, décidément roi du « week-end ardennais », gagne encore Liège-Bastogne-Liège et la Flèche wallonne. En 1953, il remporte Bordeaux-Paris. En 1954, sur le Tour de France, il se montre le rival le plus sérieux de Louison Bobet : il s'adjuge deux étapes, le classement par points et se classe deuxième à 15 min 49 s du Breton. Lors du Tour 1955, Ferdi Kubler va être victime de sa générosité dans l'effort : il attaque dans le Ventoux, mais en présumant de ses forces ; une redoutable défaillance l'amène à rallier Avignon dans un état second et il doit abandonner. Il aura la lucidité de déclarer : « Ferdi est mort dans le Ventoux. » De fait, il courra encore un an, mais ne sera que l'ombre du champion qu'on a connu. Sa carrière avait vraiment pris fin dans le Ventoux. Ferdi Kubler fut champion de Suisse en 1948, 1949, 1950, 1951 et 1954.
Pierre LAGRUE
Retour en haut



